Un sceau antique sur une pièce, un boutre sur le métal, une école et des chevaux sur le papier : le dinar bahreïni raconte une histoire bien plus ancienne que sa naissance en 1965. Elle commence dans un archipel de marchands, de cultivateurs et de marins, au carrefour du Golfe et de l’océan Indien.
01Avant les pièces : la confiance des marchands de Dilmun
Bien avant de posséder une monnaie nationale, les îles de Bahreïn occupent une position décisive sur les routes du Golfe. À Qal’at al-Bahrain, les couches d’occupation remontent à environ 2300 avant notre ère. Le port de Dilmun met en relation la Mésopotamie, la péninsule Arabique et la vallée de l’Indus. L’eau douce, les palmeraies et l’accès à la mer favorisent les escales et les échanges.
Il faut pourtant résister à une image séduisante : les marchands de l’âge du bronze ne paient pas avec de petits « dinars de Dilmun ». Leurs échanges précèdent de beaucoup l’apparition de la monnaie frappée. La richesse se compte et se transfère par des marchandises, des quantités mesurées et des relations commerciales, dans un univers où l’authentification des biens compte autant que leur transport.

Les fouilles du temple de Saar ont livré des fragments d’argile portant des empreintes de sceaux, employés pour fermer ou identifier des contenants et des paquets. Ces traces rendent tangible un geste de confiance : un lot peut être reconnu, son ouverture contrôlée, une responsabilité matérialisée. Elles documentent l’administration des échanges ; elles ne démontrent pas l’existence d’un système de pièces à valeur faciale.
La mémoire de ces sceaux ne disparaît pas avec l’Antiquité. Elle reviendra sur une petite pièce de 25 fils du Bahreïn moderne. Ce rapprochement ne signifie pas que la monnaie serait restée la même pendant quatre millénaires : il révèle la manière dont un État choisit de raconter sa profondeur historique.
UNESCO · Qal’at al-Bahrain · Crawford & Matthews · Seals and Sealings, Dilmun Temple at Saar
02Tylos et les horizons de la monnaie antique
À l’époque hellénistique, Bahreïn est connu dans les sources grecques sous le nom de Tylos. L’île appartient à un espace commercial traversé par les influences séleucides, puis par celles de la Characène, au débouché de la Mésopotamie. Les monnaies circulent avec les navires ; leurs images peuvent être reconnues loin de l’autorité qui les a créées.
Un trésor découvert en 1970 près du rempart nord de Qal’at al-Bahrain est particulièrement parlant. Le guide du musée du site décrit une jarre renfermant environ 310 tétradrachmes d’argent imitant les types d’Alexandre le Grand. Le mot « imitation » ne signifie pas automatiquement contrefaçon : des communautés reprennent un vocabulaire monétaire reconnu pour produire des espèces acceptables dans leurs propres réseaux.

L’exemplaire régional illustré ici a été découvert en Oman, et non dans cette jarre bahreïnie. Il aide à comprendre la transformation des modèles hellénistiques dans la péninsule Arabique. Pour attribuer une pièce à un atelier, un portrait familier ne suffit pas : inscriptions, poids, liaisons de coins et contexte archéologique doivent être confrontés.
L’islam : de nouveaux pouvoirs, de nouvelles écritures
Avec l’installation de pouvoirs musulmans dans la région à partir du VIIe siècle, l’histoire monétaire s’inscrit dans les réseaux du monde islamique. Les dinars d’or, dirhams d’argent et monnaies de cuivre appartiennent à des systèmes dont les usages varient selon les lieux et les siècles. L’inscription peut donner une autorité, un atelier ou une date de l’hégire ; elle devient une source historique à part entière.
Le nom moderne « dinar » renoue avec ce grand vocabulaire monétaire. Il ne permet pas de traiter le dinar bahreïni créé en 1965 comme la continuation matérielle d’une pièce médiévale. Entre les deux se succèdent des monnaies et des souverainetés différentes. Le musée monétaire de la Banque centrale présente précisément cette histoire d’avant et d’après l’islam, puis celle des émissions nationales.
Bahrain Authority for Culture and Antiquities · History Timeline · Pierre Lombard · Qal’at al-Bahrain, The Site Museum (2016) · Central Bank of Bahrain · Currency Museum
03Perles, crédit et monnaies venues du large
Pendant des siècles, la richesse de Bahreïn se construit aussi autour d’une ressource qui ne ressemble à aucune monnaie : la perle naturelle. Les maisons de marchands, entrepôts et lieux de départ des bateaux conservés à Muharraq témoignent d’un monde où le produit de la mer finance des circuits commerciaux bien au-delà de l’archipel.
Le travail se prépare avant la récolte. Armer un bateau, nourrir un équipage et équiper les plongeurs demandent des ressources, alors que la vente des perles viendra plus tard. Les avances et le crédit relient les marchands, les capitaines et les équipages. L’argent ne se limite donc pas à la pièce échangée au marché : il est aussi une créance et une attente sur une saison future. Ces liens permettent l’activité, mais peuvent placer les travailleurs dans des dépendances durables.

La pluralité des espèces accompagne ces échanges. Le thaler de Marie-Thérèse et la roupie indienne appartiennent à l’histoire monétaire de la péninsule Arabique. Dans leur étude de 1975, les économistes du FMI décrivent le remplacement progressif du thaler comme monnaie principale par la roupie papier dans plusieurs territoires du Golfe, dont Bahreïn. Les usages ne changent pas partout au même moment.
La présence d’une monnaie étrangère ne suppose pas que son pays d’origine gouverne l’ensemble des lieux où elle circule. Une pièce reconnue pour son métal ou un billet convertible par les banques peut franchir des frontières politiques. Les comptes des marchands et les relations avec les ports de l’Inde contribuent ainsi à faire de la roupie un langage partagé.
La crise de la pêche perlière dans les années 1930, sous l’effet notamment des perles de culture et de la dépression mondiale, bouleverse cet équilibre. Le développement pétrolier ouvre une autre époque. Le passage de la perle au pétrole ne crée pas instantanément une monnaie nationale : la roupie reste utilisée pendant plusieurs décennies.
UNESCO · Pearling, Testimony of an Island Economy · Bahrain Authority for Culture and Antiquities · History of Pearling
FMI · Currency Arrangements and Banking Legislation in the Arabian Peninsula (1975).
04La roupie indienne, puis la roupie du Golfe
La roupie relie les activités de Bahreïn aux places commerciales de l’Inde. Les pièces d’argent portent les noms et portraits des autorités qui les émettent, tandis que les billets permettent de régler des montants sans transporter autant de métal. Le commerce fait circuler ces instruments ensemble, avec des préférences variables selon les transactions et les périodes.


Après les indépendances de l’Inde et du Pakistan, la question monétaire reste ouverte dans le Golfe. La correspondance conservée par la Qatar Digital Library montre que les administrations, les banques et les représentants britanniques discutent des monnaies à employer à Bahreïn. Il n’existe pas une transition automatique imposant immédiatement une nouvelle espèce à tous les habitants.

1959 : séparer les billets, conserver l’unité
En 1959, l’Inde met en place une émission spéciale pour les territoires du Golfe. Les billets reprennent les dessins indiens de leur époque, mais changent de couleur et portent le préfixe « Z ». La Reserve Bank of India explique que cette séparation vise à limiter les détournements du mécanisme de conversion des roupies revenues du Golfe, dans un contexte de pression sur les réserves de change indiennes.
La « roupie du Golfe » n’est donc pas une monnaie nationale bahreïnie. Elle est émise par les autorités indiennes pour une circulation extérieure déterminée, à l’origine à parité avec la roupie indienne. Une différence de couleur peut sembler minime ; elle matérialise pourtant une frontière monétaire entre des billets destinés au marché intérieur indien et ceux réservés au Golfe.
Cette étape est courte à Bahreïn : six ans plus tard, le dinar la remplace. La chronologie compte. La création du dinar en 1965 précède la dévaluation indienne de juin 1966 ; elle ne peut donc pas être racontée comme une réaction à cet événement ultérieur.
Qatar Digital Library · Currency in Arab Shaikhdoms, IOR/R/15/2/378 · Reserve Bank of India · Persian Gulf Issues · Reserve Bank of India · Persian Gulf Issues · Deutsche Bundesbank · Bahrain, currency metadata
051965 : le dinar entre dans les comptes
Le Bahrain Currency Board est créé en 1964, sous le règne d’Isa bin Salman Al Khalifa. L’année suivante, Bahreïn adopte le dinar à raison de 10 roupies du Golfe pour 1 dinar. La subdivision retenue est le fils : 1 dinar = 1 000 fils. Le pays dispose dès lors d’une unité nationale, plusieurs années avant son indépendance de 1971.
Pour les commerçants et les ménages, changer d’unité signifie réapprendre à lire les prix. Une somme de dix roupies devient un dinar ; une roupie correspond à cent fils. Le mouvement des chiffres ne mesure pas à lui seul un enrichissement ou un appauvrissement : la conversion doit être appliquée aux prix, aux salaires et aux comptes dans le même rapport.
Une première famille de papier et de métal
Les billets initiaux sont de ¼, ½, 1, 5 et 10 dinars. Les pièces sont de 1, 5, 10, 25, 50 et 100 fils. Les fractions du dinar jouent donc un rôle important : le quart n’est pas une curiosité réservée aux collectionneurs, mais une petite valeur de la première famille fiduciaire. Les coupures complètent les pièces plutôt qu’elles ne les remplacent toutes.
Le catalogue officiel permet d’observer sur le billet de 10 dinars des voiliers, les armoiries et les inscriptions du Currency Board. L’univers maritime reste présent au moment même où l’économie se transforme. Le papier national ne raconte pas uniquement la nouveauté : il s’appuie sur des signes reconnus par ceux qui vont l’utiliser.
Émettre et fabriquer sont deux responsabilités différentes. Le Currency Board garantit l’émission ; la gravure, l’impression et la frappe mobilisent des spécialistes. Le Royal Mint Museum rappelle que Christopher Ironside, connu pour ses monnaies britanniques décimales, réalise aussi des commandes pour Bahreïn. Le travail d’un créateur peut ainsi circuler entre plusieurs pays sans effacer l’identité propre de chaque émission.
Deutsche Bundesbank · Bahrain, currency metadata · Central Bank of Bahrain · Currency Issue · Central Bank of Bahrain · First Issue (1965) · Royal Mint Museum · Christopher Ironside
061967 : le petit billet qui remplace une habitude
Le billet de 100 fils est l’un des témoins les plus révélateurs de la transition. Comme il figure dans la rubrique « First Issue (1965) » du catalogue officiel, on pourrait croire qu’il appartient au lancement initial. Le rapport annuel du Currency Board permet de préciser son histoire : sa première émission intervient le 2 septembre 1967.
Le rapport explique la raison de cette création : il manquait un billet de faible valeur pour tenir la place qu’occupait auparavant celui d’une roupie. La conversion de 1965 avait changé l’unité ; elle n’avait pas supprimé les habitudes matérielles des paiements. Une pièce de 100 fils existait déjà, mais le public pouvait apprécier une valeur équivalente sous forme de papier.
Le décret du 14 août 1967 décrit un petit billet de 120 × 56 mm. Des boutres à voile et une palmeraie composent ses images ; un filigrane de tête de faucon participe à son identification. Ces éléments relient une fonction très quotidienne à des paysages et à des activités familiers. Ils rappellent que l’iconographie nationale habite aussi les petites coupures.
Novembre 1967 : ne pas suivre la livre sterling
Une autre décision se joue la même année. Après la dévaluation de la livre sterling annoncée le 18 novembre, Bahreïn maintient la parité-or du dinar fixée par son décret monétaire. Son expression en livres change donc : d’environ quinze shillings pour un dinar, elle passe à dix-sept shillings et six pence. Le rapport du Board en conserve les avis et textes modificatifs.
Cette décision donne un contenu concret à l’autonomie monétaire. Le dinar est lié à des mécanismes internationaux et à des réserves détenues à l’étranger, mais ses autorités ne suivent pas mécaniquement tous les changements de leur monnaie de référence. Le dinar national a déjà sa propre histoire avant l’indépendance.
Bahrain Currency Board · Annual report 1967–1968, FCO 8/533 (AGDA) · Central Bank of Bahrain · First Issue (1965)
07De l’indépendance à la Banque centrale
L’indépendance de 1971 ne fait pas naître un second dinar. L’unité créée en 1965 demeure, tandis que l’organisation monétaire évolue. En 1973, la Bahrain Monetary Agency succède au Currency Board et développe les fonctions de banque centrale et de surveillance du secteur financier.
La deuxième famille de billets apparaît en 1978–1979. Elle comprend ½, 1, 5, 10 et désormais 20 dinars. Le quart de dinar ne fait plus partie de cette nouvelle gamme. Sur le papier, le nom du nouvel émetteur remplace celui du Currency Board. Pour identifier une émission, la valeur faciale ne suffit donc pas : il faut aussi lire l’institution et observer les dessins.
En mars 1993, une troisième famille renforce la sécurité des billets. Le catalogue de la CBB décrit notamment le filigrane à tête d’oryx et les fils de sécurité fenêtrés. Ses notices réunissent cependant plusieurs variantes : la présence d’un portrait ou d’un dispositif sur une reproduction ne doit pas être attribuée sans examen à toutes les coupures produites depuis 1993.
Le 6 septembre 2006, selon sa notice institutionnelle, la Central Bank of Bahrain est créée dans le cadre de la nouvelle loi. Elle succède à la Monetary Agency, dont elle reprend les responsabilités. En mars 2008, elle émet la quatrième famille de billets. Ici encore, le changement d’autorité n’est pas une conversion de l’unité : les montants restent en dinars et en fils.
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1998 : quand l’impression ne fait pas l’autorisation
En 1998, une fausse commande passée à un imprimeur argentin entraîne la fabrication non autorisée de billets de 20 dinars. PMG documente le retrait rapide du type violet, y compris de l’émission légitime récemment améliorée, puis son remplacement par une version de couleur pêche. L’épisode rappelle que la qualité du papier et de la gravure ne suffit pas : l’autorisation de l’émetteur est essentielle à la validité d’un billet.
08Les billets : un pays raconté en cinq valeurs
La quatrième famille forme un petit atlas de Bahreïn. Les billets rapprochent des bâtiments anciens, des infrastructures modernes et des souvenirs de la transformation économique. Le choix des images propose une lecture du pays : une société maritime, un patrimoine architectural et un espace de formation, de production et de circulation.
Le tableau porte sur les modèles présentés par la CBB dans sa quatrième émission et sa version améliorée. Les différences de signature et de sécurité appartiennent à l’histoire de chaque variante ; elles ne créent pas nécessairement une nouvelle famille monétaire.
| Valeur | Motifs à observer | Ce qu’ils racontent |
|---|---|---|
| ½ dinar | Ancien tribunal ; circuit international de Bahreïn | Institutions et ouverture au sport automobile international. |
| 1 dinar | École Al-Hedaya Al-Khalifia ; chevaux et monument en forme de voiles | Enseignement, culture équestre et mémoire maritime. |
| 5 dinars | Maison de Shaikh Isa, fort de Riffa ; premier puits de pétrole et industrie de l’aluminium | Du patrimoine bâti aux transformations de la production. |
| 10 dinars | Portrait de Hamad bin Isa Al Khalifa ; chaussée Shaikh Isa bin Salman | Représentation du souverain et liaison entre les îles. |
| 20 dinars | Portrait de Hamad bin Isa Al Khalifa ; centre islamique Al-Fateh | Autorité nationale et architecture religieuse. |
La date imprimée n’est pas toujours celle de la circulation
Une référence à la loi de 2006 sur un billet ne signifie pas qu’il était déjà dans les mains du public cette année-là. De même, la date de fondation d’une institution n’est pas nécessairement celle de sa première émission. Pour la quatrième famille, le catalogue officiel situe l’émission en mars 2008.
Renforcer la sécurité sans perdre les repères
Les améliorations engagées en 2016 et poursuivies en 2017 concernent les protections contre la contrefaçon et la reconnaissance tactile. Le rapport annuel 2016 décrit le renouvellement des billets de 10 et 20 dinars et le travail sur les repères destinés aux personnes malvoyantes ; celui de 2017 signale la poursuite du programme, notamment pour le billet de 5 dinars.
La gravure en relief et les repères tactiles rappellent que le billet doit être utilisable avec les doigts autant qu’avec les yeux. Une bonne monnaie se reconnaît rapidement et résiste aux manipulations répétées. Le changement technique peut préserver les grandes images auxquelles le public est habitué.
Les photographies modernes du catalogue officiel restent accessibles dans les sources ci-dessous. Elles ne sont pas recopiées ici, leurs conditions de republication n’ayant pas été obtenues. Les descriptions reposent sur les modèles consultés ; elles ne constituent pas une procédure d’authentification d’un billet individuel.
Central Bank of Bahrain · Fourth Issue (2008) · Central Bank of Bahrain · Upgraded Fourth Issue · Central Bank of Bahrain · Annual Report 2016, §4.5 · Central Bank of Bahrain · Annual Report 2017, Currency Issue
09Les pièces : le palmier, le boutre et le sceau
Les petites pièces sont parfois plus éloquentes que les grandes coupures. Elles passent de main en main et accompagnent les paiements les plus ordinaires. Dans la série présentée par la CBB, les pièces de 5 et 10 fils portent un palmier, celle de 25 fils un sceau de Dilmun, celle de 50 fils un boutre et celle de 100 fils les armoiries.
Le choix est cohérent : terre cultivée, civilisation ancienne, navigation et autorité publique. Ces quatre repères condensent un récit national dans le métal. Le sceau antique, qui servait à identifier des échanges sans être une monnaie, devient ainsi l’image d’une véritable pièce à valeur faciale.
La pièce de 100 fils est bimétallique : un centre et une couronne de métaux d’apparence différente la distinguent immédiatement. La CBB indique un diamètre extérieur de 24 mm et une masse totale de 6 g. Dans les autres valeurs, la silhouette, la taille et la couleur du métal participent également à la reconnaissance ; l’usage ne dépend pas seulement de la lecture des chiffres.
Fils et millièmes : une autre lecture des nombres
Le dinar est divisé en mille parties, et non en cent. Cent fils représentent donc un dixième de dinar ; cinq cents fils, un demi-dinar. Cette structure explique l’écriture des montants à trois décimales : 0,250 dinar correspond à 250 fils. Elle est propre au système d’unités et ne signifie pas que la plus petite subdivision soit nécessairement disponible sous forme de pièce dans toutes les séries.
La série inaugurale comprenait une pièce de 1 fils ; le catalogue contemporain de la CBB présente les valeurs de 5 à 100 fils. Ces inventaires décrivent des générations différentes. Ils ne permettent pas d’inférer à eux seuls la fréquence d’emploi d’une pièce ancienne ou la situation juridique de toute émission exceptionnelle.
Central Bank of Bahrain · Current Coins · Central Bank of Bahrain · Currency Issue
10Commémorer, collectionner, conserver
La monnaie raconte aussi les événements qu’un pays choisit de célébrer. Le musée de la CBB répertorie des émissions liées à des infrastructures, à la protection de l’enfance, à la nature ou au sport. Les pièces commémoratives de 100 fils consacrées à la Formule 1 en 2004 et au dixième anniversaire en 2014 associent une valeur familière à un événement identifié.
Le même catalogue rassemble toutefois des objets différents : pièces, médailles, lingots et feuilles de billets non découpées. Leurs noms ne sont pas interchangeables. Une médaille commémorative peut posséder une grande valeur documentaire ou artistique sans constituer une espèce de paiement ; un prix de vente au musée n’est pas une valeur faciale.
Pour le cinquantième anniversaire du premier dinar, le rapport de 2016 décrit une émission de 300 lingots d’or de 50 g, proposée le 8 août 2016. Il faut distinguer l’anniversaire de 1965, qui tombe en 2015, de la date effective de mise à disposition de cet objet. Ici encore, l’histoire exige de lire les notices au-delà de leur titre.
Un collectionneur peut observer sur chaque objet la valeur, le nom de l’autorité, les écritures, le millésime, les signatures et les marques de fabrication. L’usure compte aussi : elle témoigne d’une vie matérielle, sans permettre à elle seule de reconstruire les voyages exacts d’une pièce. Une attribution précise mérite une provenance précise.
Central Bank of Bahrain · Currency Museum · Central Bank of Bahrain · Annual Report 2016, §4.5
11Une unité stable, plusieurs histoires
Depuis 1965, le nom du dinar traverse les changements d’émetteur et les renouvellements d’images. Sa stabilité institutionnelle ne signifie pas que rien n’a changé. La monnaie d’un archipel commerçant est devenue celle d’un État indépendant doté d’une banque centrale et d’un secteur financier développé.
Le lien au dollar appartient à cette histoire. La CBB décrit un ancrage effectivement inchangé depuis 1980 et une parité officielle de 0,376 dinar pour un dollar. Ce repère explique le cadre monétaire ; il n’est pas un tarif de change de billets. Il n’a pas davantage existé sous cette forme immuable depuis la création du dinar, qui s’inscrivait initialement dans un autre environnement international.
La même petite pièce peut donc conduire très loin : le palmier vers les ressources de l’île, le boutre vers les routes maritimes, le sceau vers l’administration des échanges à Dilmun. Les billets font entrer l’école, l’industrie, les ponts et les édifices publics dans ce récit. Leur histoire commune est celle d’une confiance construite, puis entretenue, à travers des objets que l’on peut tenir dans la main.

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12Les dates à retenir
- v. 2300 av. n. è.Occupation ancienne attestée à Qal’at al-Bahrain.
- Époque hellénistiqueTylos dans les réseaux monétaires du Golfe.
- 1959Émission indienne de roupies réservées au Golfe.
- 1964Création du Bahrain Currency Board.
- Octobre 196510 roupies du Golfe deviennent 1 dinar, divisé en 1 000 fils.
- 2 septembre 1967Première émission du billet de 100 fils.
- 1971Indépendance ; le dinar demeure.
- 1973Bahrain Monetary Agency.
- 1978–1979Deuxième famille de billets ; coupure de 20 dinars.
- 1993Troisième famille, sécurité renouvelée.
- 2006 / 2008Création de la CBB, puis quatrième famille de billets.
- 2016–2017Amélioration de la quatrième famille.
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Sources et crédits
Recherche et vérifications : 15 octobre 2026. Les photographies documentaires sont enregistrées localement et créditées au contact des images. Les exemplaires régionaux sont identifiés comme tels ; aucune provenance bahreïnie ne leur est attribuée sans preuve. Le manifeste joint détaille les licences et les images écartées. Les sources externes demandent une connexion, mais le dossier, son style et toutes ses illustrations se consultent hors connexion.
- UNESCO · Qal’at al-Bahrain
- UNESCO · Pearling, Testimony of an Island Economy
- Bahrain Authority for Culture and Antiquities · History of Pearling
- Crawford & Matthews · Seals and Sealings, Dilmun Temple at Saar
- Pierre Lombard · Qal’at al-Bahrain, The Site Museum (2016)
- Bahrain Authority for Culture and Antiquities · History Timeline
- Reserve Bank of India · Persian Gulf Issues
- Reserve Bank of India · Persian Gulf Issues
- Qatar Digital Library · Currency in Arab Shaikhdoms, IOR/R/15/2/378
- Deutsche Bundesbank · Bahrain, currency metadata
- Bahrain Currency Board · Annual report 1967–1968, FCO 8/533 (AGDA)
- Central Bank of Bahrain · Currency Issue
- Central Bank of Bahrain · First Issue (1965)
- Central Bank of Bahrain · Second Issue (1979)
- Central Bank of Bahrain · Third Issue (1993)
- Central Bank of Bahrain · Fourth Issue (2008)
- Central Bank of Bahrain · Upgraded Fourth Issue
- Central Bank of Bahrain · Current Coins
- Central Bank of Bahrain · About CBB
- Central Bank of Bahrain · Monetary Policy
- Central Bank of Bahrain · Currency Museum
- Royal Mint Museum · Christopher Ironside
- Central Bank of Bahrain · Annual Report 2016, §4.5
- Central Bank of Bahrain · Annual Report 2017, Currency Issue
- PMG · Bahrain Complete Set, 2022
Manifeste des illustrations et licences · Notice de réalisation